La fuite est stoppée, l’assurance est prévenue, mais c’est là que commence le vrai travail : sécher, nettoyer, désinfecter, et vérifier que l’eau n’a pas laissé de séquelles invisibles dans les murs ou sous les sols. Voici un guide qui détaille les étapes dans l’ordre, les erreurs à éviter et les situations qui nécessitent l’intervention d’un professionnel.
Dégâts des eaux : quels sont les différents types de sinistres ?
Tous les dégâts des eaux ne se valent pas en termes de complexité et de risque sanitaire. La nature de l’eau en cause détermine directement les protocoles de nettoyage à appliquer.
Eau propre (catégorie 1)
Rupture de canalisation d’eau potable, débordement de baignoire ou de lave-linge, fuite de radiateur : l’eau n’est pas contaminée à l’origine. C’est le type de sinistre le moins risqué, à condition d’intervenir rapidement. Au-delà de 24 à 48 heures, une eau propre peut elle aussi favoriser le développement de moisissures et de bactéries.
Eau grise (catégorie 2)
Débordement de lave-vaisselle, refoulement de douche ou d’évier, fuite d’un appareil électroménager en cycle : l’eau contient des matières organiques légèrement contaminées. Elle n’est pas directement dangereuse, mais nécessite un nettoyage et une désinfection soignés, notamment sur les textiles et matériaux poreux.
Eau noire (catégorie 3)
Refoulement d’égouts, remontée d’eaux usées, inondation par ruissellement extérieur : c’est le cas le plus sérieux. L’eau est chargée de bactéries pathogènes, de virus, de parasites et potentiellement de substances chimiques. Une exposition même courte impose des équipements de protection et des protocoles de décontamination stricts. L’intervention d’un professionnel est dans ce cas systématiquement recommandée.
Attention : le délai est critique
Quelle que soit la catégorie d’eau, chaque heure compte. Les moisissures commencent à se développer dans les 24 à 48 heures suivant le sinistre. Les dommages structurels (gonflement du parquet, décollement des enduits, corrosion des métaux) s’aggravent rapidement si les matériaux restent humides.
Les premières actions dans les heures qui suivent le dégât des eaux
Avant même de penser au nettoyage post sinistre, un dégât des eaux impose quelques gestes immédiats dans un ordre précis.
- Couper l’alimentation en eau
Fermez immédiatement le robinet d’arrêt général ou la vanne de l’équipement en cause. Si l’origine de la fuite est inconnue ou inaccessible, fermez l’alimentation générale de l’appartement ou du bâtiment.
- Couper l’électricité si nécessaire
Si l’eau a atteint le tableau électrique, des prises ou des appareils électriques, coupez le disjoncteur général avant toute intervention. Ne remettez pas le courant sans qu’un électricien ait vérifié les installations.
- Déclarer le sinistre à votre assurance
Vous disposez de 5 jours ouvrés pour déclarer un dégât des eaux à votre assureur (article L113-2 du Code des assurances). Si un voisin est impliqué, complétez un constat amiable dégâts des eaux conjointement. Photographiez tous les dommages avant de toucher quoi que ce soit.
- Documenter les dommages
Photographiez et filmez l’ensemble des zones touchées : sols, murs, plafonds, mobilier, équipements. Ces éléments serviront de preuves auprès de votre assurance et de l’expert éventuel.
- Commencer le pompage et l’évacuation de l’eau
Dès que la documentation est faite, évacuez l’eau stagnante sans attendre. Un aspirateur eau/poussière ou une pompe de relevage permet d’éliminer rapidement les volumes importants. Chiffons et serpillières prennent le relais pour les zones de moindre surface.
Étapes du nettoyage après un dégât des eaux
Étape 1 : Séchage et ventilation
C’est l’étape la plus importante et la plus souvent oubliée. Un séchage incomplet est la première cause de développement de moisissures et de dégradation progressive des matériaux.
- Ouvrez portes et fenêtres pour créer un tirage d’air
- Placez des ventilateurs ou des sécheurs d’air industriels sur les zones humides
- Utilisez un déshumidificateur pour abaisser le taux d’humidité ambiante en dessous de 50%
- Soulevez les tapis, moquettes et revêtements de sol amovibles pour sécher le support en dessous
- Retirez les plinthes pour permettre au mur de sécher depuis la base
Le temps de séchage varie selon la nature des matériaux, la surface touchée et les conditions de ventilation. Un parquet en bois massif peut nécessiter plusieurs semaines pour atteindre un taux d’humidité résiduelle acceptable. Un professionnel équipé de matériel de mesure (hygromètre, caméra thermique) peut évaluer précisément l’avancement du séchage.
Étape 2 : Nettoyage mécanique des surfaces
Une fois les zones suffisamment séchées, nettoyez toutes les surfaces touchées par l’eau avant de procéder à la désinfection. Sols, moquettes, tapis, murs lessivables, plinthes, équipements : passez un détergent adapté à chaque surface. Pour les sols souillés par une eau grise ou noire, un nettoyage haute pression à basse température peut être nécessaire.
Les matériaux poreux non récupérables (plaques de plâtre gorgées d’eau, isolants imbibés, boiseries gonflées) doivent être retirés et évacués. Les conserver en espérant qu’ils sèchent est une erreur : ils constituent un réservoir d’humidité et de moisissures qui contamineront à terme les matériaux sains environnants.
Étape 3 : Désinfection
La désinfection s’applique après le nettoyage, jamais avant. Elle cible les agents biologiques que l’eau a pu introduire ou développer : bactéries, champignons, virus.
- Utilisez un désinfectant à large spectre (bactéricide, fongicide, virucide) homologué
- Respectez scrupuleusement le temps de contact indiqué sur le produit.
- Traitez toutes les surfaces exposées, y compris les zones non directement touchées par l’eau mais exposées aux projections ou à l’humidité ambiante
- Pour les sinistres impliquant des eaux usées ou une eau noire, une désinfection par nébulisation ou brumisation garantit un traitement homogène de l’ensemble du volume d’air et des surfaces
Étape 4 : Traitement anti-moisissures
Si des moisissures ont eu le temps de se développer (traces noires, odeur de moisi, surfaces veloutées), un traitement fongicide ciblé est nécessaire. La règle est la même que pour le nettoyage de logements insalubres : ne jamais brosser les moisissures à sec, toujours travailler surface humidifiée et porter un masque FFP3.
Les moisissures qui ont pénétré en profondeur dans les matériaux poreux (plâtre, bois, joint de carrelage) ne disparaissent pas avec un traitement de surface. Ces parties doivent être remplacées.
Étape 5 : Contrôle du séchage et surveillance
Après l’ensemble des opérations, le taux d’humidité résiduelle des matériaux doit être contrôlé avant toute remise en état (peinture, pose de revêtements, réinstallation du mobilier). Repeindre sur un mur encore humide est tout à fait déconseillé : il en résultera des cloques, des décollements et des moisissures sous la peinture dans les semaines suivantes.
Un hygromètre de surface permet de mesurer l’humidité résiduelle dans les matériaux. Les valeurs cibles avant remise en état sont généralement inférieures à 18% pour le bois et inférieures à 3% pour le béton ou la maçonnerie.
Dégâts des eaux et moisissures : le risque principal à long terme
Les moisissures sont la conséquence la plus fréquente et la plus sous-estimée d’un dégât des eaux mal traité. Elles apparaissent entre 24 et 72 heures après l’exposition à l’humidité, souvent dans des zones peu visibles : derrière les plinthes, sous les revêtements de sol, dans les isolants de combles ou de murs.
Leurs effets sur la santé varient selon les espèces et la durée d’exposition :
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- Irritations des voies respiratoires, toux chronique, essoufflement
- Rhinite, conjonctivite, réactions allergiques
- Aggravation de l’asthme, notamment chez l’enfant
- Dans les cas graves (Stachybotrys, Aspergillus fumigatus) : pneumopathies, infections fongiques invasives chez les personnes immunodéprimées
Un dégât des eaux même minime, traité superficiellement, peut laisser des moisissures prospérer pendant des mois derrière les murs. La seule façon de s’en assurer est de contrôler le taux d’humidité résiduelle et de faire inspecter les zones à risque.
Dans quels cas faire appel à un professionnel du nettoyage ?
Un nettoyage effectué par vos soins peut suffire pour un sinistre localisé, peu étendu et impliquant une eau propre. Au-delà, une intervention professionnelle est fortement recommandée :
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- Le sinistre implique une eau grise ou noire (eaux usées, refoulement d’égouts, inondation extérieure)
- La surface touchée dépasse 10 à 15 m²
- Des matériaux poreux (plâtre, isolant, parquet massif) ont été durablement imbibés
- Des moisissures sont déjà visibles, ou une odeur de moisi persiste après séchage
- Le logement est occupé par des personnes vulnérables : enfants en bas âge, personnes âgées, personnes immunodéprimées
- Le dossier d’assurance exige un rapport d’intervention formalisé
- Le sinistre touche des locaux professionnels soumis à des normes d’hygiène (cabinets médicaux, cuisines professionnelles, commerces et ERP)
Le rôle de la certification Certibiocide
Dans le cadre d’un dégât des eaux impliquant une contamination biologique (eaux usées, prolifération de moisissures, légionelles dans les circuits d’eau), l’utilisation de produits biocides est encadrée par la réglementation européenne.
Seules les entreprises certifiées Certibiocide sont habilitées à mettre en oeuvre ces produits dans un cadre professionnel, avec traçabilité complète des produits utilisés et des protocoles appliqués. Cette traçabilité peut être exigée par l’assurance ou par les autorités sanitaires en cas de sinistre grave.
Ce que prend en charge l’assurance habitation en cas de dégât des eaux
La prise en charge d’un dégât des eaux par l’assurance dépend de votre contrat et de l’origine du sinistre. De manière générale :
| Ce qui est couvert | Ce qui n’est pas couvert |
| Dommages aux biens mobiliers et immobiliers causés par la fuite | L’usure normale des canalisations ou des équipements |
| Frais de recherche de fuite (selon contrat) | Les frais de réparation de la fuite elle-même (le tuyau cassé) |
| Frais de remise en état (peinture, revêtements) | Les dommages dus à un défaut d’entretien |
| Honoraires d’expert si contestation | Les sinistres non déclarés dans les délais |
Attention : les frais de nettoyage et de décontamination professionnelle ne sont pas systématiquement couverts. Vérifiez votre contrat ou demandez à votre assureur si une prise en charge est possible avant de faire intervenir un prestataire.
Dégâts des eaux en Île-de-France : JAC-NET intervient pour la remise en état
Vous avez subi un dégât des eaux ?
JAC-NET est une entreprise familiale spécialisée dans le nettoyage professionnel depuis plus de 30 ans, implantée à Alfortville (94) et intervenant dans l’ensemble du Val-de-Marne, Paris et la petite couronne.
Nous prenons en charge l’ensemble des opérations post-sinistre :
Pompage et évacuation de l’eau stagnante
Séchage et déshumidification des locaux
Nettoyage et décontamination des surfaces touchées
Désinfection certifiée Certibiocide avec traçabilité complète
Traitement anti-moisissures et contrôle de l’humidité résiduelle
Nos interventions sont réalisées par des équipes en CDI, avec des protocoles adaptés à chaque type de sinistre. Nous pouvons fournir un rapport d’intervention formalisé pour votre dossier d’assurance.
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